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SDL Trados Roadshow à Paris, retour d’expérience et réflexions sur l’évolution du marché

SDL Roadshow juin 2018Dans le petit monde des éditeurs de logiciels d’aide à la traduction, SDL se distingue par une politique de communication très active et l’organisation de manifestations durant lesquelles l’entreprise présente ses produits et nouveautés. Ces manifestations ou « roadshows » sont l’occasion pour les utilisateurs de leur suite logicielle dont je fais partie, de faire le point sur les nouveautés de leurs outils de TAO, et sur les dernières innovations du secteur. Retour d’expérience…

Un outil d’aide à la traduction, qu’est-ce que c’est ?

Un outil d’aide à la Traduction ou TAO est un logiciel ou une suite logicielle qui permet d’automatiser certaines tâches de traduction. Ce type d’outil s’avère utile lors de traductions présentant des phrases répétitives, et/ou quand l’emploi d’une terminologie spécifique est exigé par un client. Le document est segmenté, ce que certains traducteurs n’aiment pas, et quand une répétition de phrase ou de segment se présente, la mémoire de traduction propose la traduction qui a été entrée plus haut. L’outil peut aussi proposer une liste terminologique qui permet de garder une certaine cohérence dans le document. Donc, pour certains documents, un outil TAO peut s’avérer fort utile et permettre un gain de temps certain.

Mes domaines de spécialité en traduction font que je suis souvent appelée à traduire des textes comportant des répétitions avec une terminologie très spécifique exigée par le client. Un outil de TAO m’est donc quelque chose d’utile. Il y a quelques années j’avais choisi SDL Trados Studio, version 2011. Depuis, je mets régulièrement mon logiciel (et mes connaissances) à jour. Quand j’ai su que le SDL Roadshow venait à Paris (et qu’il n’y avait pas grève de train), j’ai décidé de faire le déplacement.

Ma visite au SDL Trados Roadshow de Paris et ce que j’en ai retenu

La matinée fut consacrée à la présentation des nouveautés logicielles et au futur du secteur de la traduction selon SDL. L’entreprise nous a exposé sa vision du futur et comment elle comptait y répondre. L’après-midi fut consacré à des informations approfondies sur l’utilisation du logiciel, avec des démonstrations en direct. Cette manifestation fut l’occasion de rencontrer les responsables de SDL, de leur poser des questions de vive voix, mais aussi de rencontrer d’autres professionnels du secteur, que ce soient des agences de traduction ou des traducteurs indépendants. J’avais décidé de venir à ce Roadshow car certains thèmes m’avaient tout particulièrement interpellé. Le point sur la traduction automatique (TA) et l’intelligence artificielle (IA) avait particulièrement attiré mon attention, en raison des répercussions potentielles sur mon travail. Je comptais bien trouver des réponses à mes interrogations et me faire une meilleure idée des dernières avancées technologiques.

Le cas de la traduction automatique ou TA

La traduction automatique fait beaucoup de bruit depuis quelque temps dans le monde de la traduction. En effet, si l’intelligence artificielle traduit correctement les textes habituellement envoyés aux traducteurs « humains », que va-t-il nous rester à nous, les traducteurs ? Heureusement, la TA, même si elle a beaucoup progressé et est désormais capable de traduire correctement des phrases simples, est encore loin de produire des textes exempts d’erreurs. Et quand il s’agit de traduire un texte qui contient des allusions culturelles ou dont le contexte est éloigné, la meilleure des machines de TA peut produire un texte qui n’a aucun sens. Cela dit, l’implémentation de l’IA dans la traduction automatique, notamment avec l’apprentissage profond (deep learning) et la programmation de type réseau neuronal, constitue une réelle avancée.

Alors, peut-on utiliser la TA pour traduire ?

La réponse, comme souvent en sciences et techniques, n’est ni noire ni blanche, mais « grise ». La réponse courte serait « oui, mais… ». En effet, comme la TA est loin d’être parfaite, il faut la corriger. Et c’est là que les traducteurs « humains » interviennent. En jargon du secteur, cela s’appelle de la postédition. La TA peut être vue comme une aide qui permet de ne pas réécrire tout le texte à traduire, mais de corriger le texte selon le niveau de qualité exigé par le client. Pour avoir testé moi-même Deep L, un logiciel de TA en ligne gratuit utilisant le « deep learning » très performant, je pense que même si l’écriture est plus fluide et qu’il y a moins d’erreurs qu’avec les systèmes plus anciens, il reste encore des problèmes et un style parfois défaillant, le plus souvent calqué sur la langue source. En effet, les traductions, même si elles sont correctes du point de vue du sens, ne sont pas forcément idiomatiques, c’est-à-dire caractéristiques de la langue cible. Corriger le travail d’une machine est très différent de corriger le travail d’un traducteur humain. Les erreurs de sont pas les mêmes et défient parfois la logique « biologique ». Le traducteur doit donc s’adapter en fonction des demandes de son client. J’ajouterais, bien que cela n’ait pas été évoqué au Roadshow, que certains clients ne veulent pas en entendre parler de TA pour des raisons de confidentialité et de fuites de données potentielles. La récente affaire de Cambridge Analytica et de Facebook leur donne raison. La TA est donc un outil qui permet d’augmenter sa productivité, mais qui pour l’instant ne peut complètement remplacer le traducteur.

Vers une évolution du marché et du métier de traducteur ?

Il est probable que oui. Dans certaines spécialités et pour certaines paires de langues, il est clair que le marché a fortement évolué vers une demande croissante en postédition. Dans mes domaines de travail, j’ai pu le constater. Pour certains secteurs, comme l’automobile, la TA avec postédition est complètement actée. Pour les secteurs dont les données sont sensibles, c’est beaucoup moins le cas et la TA n’est que peu utilisée. Il est aisé de comprendre pourquoi.

La postédition est un travail de plus en plus souvent demandé aux traducteurs. En fait tout dépend de ce que demande le client et si la postédition est couramment utilisée dans son secteur. Il est fort à parier qu’avec l’évolution technique, la part de postédition grandira et qu’elle offrira de nouvelles opportunités de travail…

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