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Écriture épicène et écriture inclusive : quelle est la différence ?

Tout le monde se souvient de ses cours de français à l’école où l’on nous a martelé que le masculin l’emportait sur le féminin et que certains mots ne s’écrivaient qu’au masculin, même si ce mot s’appliquait à une femme.

Ceci n’a pas as toujours été vrai puisque de nombreux noms de métiers ou de qualité au féminin ont disparu vers les XVIIe et XVIIIe siècles . Il en va ainsi des noms auteur et autrice, ce dernier mot ayant ressurgi dans la langue française dernièrement.

La féminisation de la langue est de nouveau d’actualité puisque la moitié des hommes sont des femmes et que si la question de la féminisation ne se pose pas de la même manière dans certaines langues, elle est particulièrement sensible en langue française.

L’écriture épicène

Dans ce cadre, de nouvelles manières d’écrire sont apparues, dont certaines sont toujours sujettes à discussion. Parmi les solutions proposées la solution qui est de loin la plus facile d’accès est l’écriture dite « épicène » qui remplace des mots ou substantifs genrés par des mots ou neutres. On peut citer par exemple l’expression droits humains qui remplace droits de l’homme, même si droits humains est considéré comme un calque de l’anglais et que d’aucuns préfèrent droit de la personne. Il existe donc des solutions pour rendre un discours plus neutre, même si le problème des pronoms pose un problème. Rendre neutre il ou elle présente une difficulté encore non résolue et à part passer par une périphrase, ou ajouter « ou », le dernier recours serait d’inventer un néologisme qui couvre tous les genres.

L’écriture inclusive

Le cas de l’écriture inclusive qui consiste à introduire le féminin séparé par des points médians au sein des mots. Par exemple, on pourra dire les « intéressé.e.s ». Cette manière d’écrire qui peut se lire, mais ne se dit pas à voix haute présente l’inconvénient d’être plus difficile à lire quand on n’y est pas habitué… et à magistralement planter certains correcteurs orthographiques. Cette solution se voit de plus en plus dans certains écrits, sauf que, dans la majorité des cas, comme dans cet article, le point médian qui n’est pas présent sur les claviers AZERTY est remplacé par un point simple. C’est aussi pour cela que les correcteurs orthographiques prennent ce point pour une fin de phrase et indiquent une erreur. Je vous renvoie à cet article pour en savoir plus sur l’écriture inclusive et sur des astuces pour introduire le point médian dans un éditeur de texte. J’ai tenté ces astuces, mais elles n’ont pas fonctionné au moment de la rédaction de cet article : https://leconjugueur.lefigaro.fr/blog/point-milieu-ecriture-inclusive/

Conclusion

Le français est une langue vivante et son évolution, loin d’être un retour en arrière, permet de prendre en compte l’évolution de la société et de mettre en lumière la place grandissante des femmes dans une société longtemps masculine. Cependant, avant que l’usage ne devienne la règle, il se passera encore quelque temps.

4 thoughts on “Écriture épicène et écriture inclusive : quelle est la différence ?

  1. Bernard ALLÈGRE

    Bonjour,
    C’est un combat, certes, mais les violences faites aux femmes me paraissent ultraprioritaires : le mariage forcé, le viol, l’excision, l’accès à l’école, la contraception etc. Ne vous trompez pas d’objectifs svp, sinon vous risquez de déconsidérer la Cause et surtout de repousser les tièdes en vous présentant comme des intellectuelles sectaires.
    J’ai élevé/éduqué nos deux filles avec les mêmes droits que si elles avaient été des garçons, elles ont très bien réussi professionnellement et émotionnellement, et si elles trouvent que la Cause vaut la peine d’être défendue, elles pensent que la majorité des féministes ne la servent pas comme son importance le nécessiterait.
    Allez porter la Bonne Parole en Inde, 650 millions de femmes, en Afrique, 350 millions de femmes, vous verrez que l’épicènéité, est un souci cadet mineur pour elles. Amitiés.

  2. CLAUDIO JACOB

    Bonjour,

    Je trouve cet article très intéressant et il montre les difficultés d’adaptation. Pour ma part je préfère auteur et auteure, médiateur et médiateure, … hormis la féminisation des mots, pour moi indispensable dans notre évolution sociétale, reste aussi la question toute simple du français par rapport à l’anglais : pourquoi utiliser le terme “cluster” qui se traduit par “grappe” ou encore “pôle” en français dans le sens d’un “foyer” particulier ? Le terme “foyer” semblerait tout à fait adapté dans la situation sanitaire actuelle. Je fais parti d’une association philosophique et je vois combien, les “anciens” et “anciennes”, s’insurgent contre la féminisation des métiers ou postes occupés par des femmes ! L’inverse existent aussi avec les “sages-femmes” au masculin ! … De quoi palabrer encore longtemps ! CJ

  3. Christine Voirin Post author

    Bonjour,
    Le combat doit se faire sur tous les fronts, que ce soit au niveau de la culture, des mœurs ou de la langue. Ecrire ou ne pas écrire de manière épicène n’empiète en rien sur le combat pour l’égalité mené dans d’autres pays. En Europe la question se pose tout de même : comment rendre leur place aux femmes quand la langue impose que le masculin (même s’il joue le rôle de neutre) l’emporte sur le féminin ?

  4. Christine Voirin Post author

    Bonjour,

    Oui, il y a encore beaucoup à dire sur la féminisation (ou la masculinisation) des noms. Le Siècle des Lumières a fixé en bonne partie l’orthographe et la grammaire, et a fait disparaître une bonne partie des noms de métiers féminisés qui existaient auparavant. Comment se faire reconnaître en tant qu’être humain quand la langue, elle-même, ne permet pas d’identifier qui occupe la fonction ?

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